Le spectacle représente le processus de destruction des sentiments, à l’oeuvre chez Hamlet. Hamlet, en tombant amoureux d’Ophélie, perçoit la beauté de l’amour, mais le fantôme de son père défunt l’entraîne, peu à peu, vers le meurtre et la vérité. Le plus simple est-il d’affronter cette dernière ou de la fuir ? Sur scène, le comédien donne à la ction l’apparence du vrai, il démêle conjectures et complots. Si Hamlet a déjà pris sa décision, pourquoi hésite-t-il encore et encore ?
Ophélie ne parvient pas à faire face à la véri- té, et l’amour ne détourne pas ses pas de leur chemin vers la mort. Le décès d’une jeune lle, l’impossibilité d’aimer pour Hamlet, le sang brûlant, la tombe froide, la vie, la mort, au fond, quoi de plus logique ?
Directeur du centre artistique de kunqu de Shanghai, auquel il a donné son nom, comé- dien chinois reconnu, artiste pour la paix de l’Unesco, c’est à travers l’opéra chinois que Zhang Jun revisite ce classique occidental.
Avec seulement une table et deux chaises, seul en scène, il joue Hamlet, Ophélie, le spectre du roi et le fossoyeur, avec les quatre rôles traditionnels de l’opéra chinois (les per- sonnage masculin, féminin, comique et au « visage peint »).Son jeu ouvre ainsi, à travers les âges, un dia- logue entre Shakespeare et les plus grands poètes Ming, et offre un regard chinois sur ce grand classique britannique.